Maloya pa malade

Auteur Richard Riani Date

Cela fait quelques jours que le débat sur le nom maloya associé au pôle santé mentale du CHU de Saint-Pierre i fé la polémik et malheureusement est en train de diviser le peuple réunionnais. Je rappelle aux détracteurs et aux personnes nostalgiques du bon colonialisme que le maloya est notre fierté et c’est sacré. Le maloya est issu de la souffrance et de l’ asservissement des hommes par des hommes sur l’île Bourbon. Le maloya est à La Réunion ce qu’est le blues aux Américains et le reggae à la Jamaïque.

Dans beaucoup de dialectes africains il signifie la peine ; la douleur, le mal être voire l’incantation. Le maloya exprime la nostalgie, la joie de vivre et la liberté. A la fin des années 1950, cette musique était interdite par l’administration coloniale qui voyait dans cette expression du peuple l’idée de l’indépendance. C’est en 1975 qu’est sorti le premier vinyle maloya du grand Firmin Viry suivi quelques années plus tard par Danyel Waro, Ziskakan, Baster, Roseda, Tanambo, Komela, Kissaladi, Granmoun Lele, Ti Fock, La Famille Gado, Oussanoussava, Natiembé, Salem, Lo Rwa Kaf, Lindigo, etc.

La musique de nos ancêtres i doi pa étre mélanzé avek le pole santé mentale ou encore moins avec les boissons alcoolisées. C’est du mépris pour la nasyon Réunion et son classement au patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco depuis le 1e octobre 2009. Je m’indigne que le directeur du CHU n’ait pas concerté les acteurs culturels pour son choix

Que penserait un Parisien si on appelait La Marseillaise un Pôle santé mentale en Ile-de-France ? Que penserait un corse si on nommerai Corsica une structure psychiatrique dans l’ile de beauté ? Le maloya unit le peuple de La Réunion tous les 20 décembre dan gran kabar la kour ; alors gate pa la sauce avec zot ignorance et donne du respect a cette musique. Le son in roulér, in pikér, in bobre et in Kayamb va fé rézone toultan lo kér La Réunion.